L'Acupuncture avec la Moxibustion font partie intégrante des trois axes thérapeutiques de la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) qui sont :
- L'Acupuncture et Moxibustion
- La Thérapie manuelle
- La Pharmacopée Chinoise.
Cette technique thérapeutique consiste à intervenir sur des points très précis du corps humain situés sur les courants énergétiques appelés « les méridiens », à l'aide d'aiguilles métalliques, en général, en cuivre ou en acier inoxydable. Certaines aiguilles peuvent être en or ou en argent, mais celles qui sont les plus utilisées, sont en cuivre et à usage unique.
Ce qui enlève les facteurs à risque de contamination par des virus tel que le SIDA ou autres bactéries de tous genres.
Avant toute puncture, la peau du patient est désinfectée à l'alcool à 90°.
La Moxibustion peut se pratiquer en étroite collaboration avec l'Acupuncture, lorsqu'il s'agit de tonifier un ou plusieurs points ou de réchauffer les méridiens et disperser le Froid .
Elle peut également être utilisée directement sous forme de cône d'armoise ou en bâtonnet de moxa.
La Moxibustion consiste à chauffer de l'armoise dans le but de prévenir ou de traiter les maladies.
L'armoise est une plante de composacée qui possède la particularité de diffuser une chaleur qui pénètre profondément et lentement dans les muscles, les méridiens, afin de :
- Disperser le Froid et l'humidité.
- Refaire circuler toute stagnation de sang et de Qi.
- Renforcer le Yang.
Rappelons que la plus grande des richesses, c'est bien « La Santé ».
En Chine, on consulte son médecin de préférence pour prévenir une maladie.
En Occident, on consulte son médecin presque toujours lorsque l'on est malade.
En Orient, "La Santé" est un combat permanent. On se doit de préserver son merveilleux trésor, en pratiquant du QiQong, du Taï Chi, en ayant une hygiène de vie sans excès alimentaire, en se gardant de tout excès que ce soit.
Il existe un dicton très connu en Chine concernant l'utilisation de la moxibustion à des fins de prévention et de maintien de la santé : « Appliquez souvent un moxa sur Zusanli E36, si vous souhaitez une bonne santé » ; et un autre « Quelqu'un qui reçoit souvent une moxibustion aux points comme Guanyuan(RM4), Qihai(RM6),Mingmen (DM4) et Zhongwan(RM12) peut jouir d'une longévité d'au moins cent ans. »
La Moxibustion sur aiguille est tout simplement l'association Acupuncture-Moxa. On insère l'aiguille sur le point d'acupuncture, on saisit le « De Qi », la sensation du Qi puis on pose sur le manche de celle-ci, le morceau d'armoise ou le moxa. On le fait brûler et on laisse diffuser la chaleur le long de l'aiguille jusqu'à la pénétration autour du point.
C'est une technique qui fait partie des huit méthodes thérapeutiques en MTC «La Calorification ».
Le moxa sur aiguille a pour fonction de réchauffer les méridiens, chasser le Froid/humidité et disperser toute stase de sang et d'énergie. Ca facilite donc la circulation du Qi.
Excellent outil thérapeutique pour les syndromes Bi-articulaire type Froid/humidité, arthralgie, rhumatisme, torticolis, lumbago, lombalgie, hémiplégie, etc...
Pour renforcer le Yang, on l'utilise également aussi bien sur le trajet du méridien du Du Mai( le long de la colonne vertébrale) que sur le méridien du Ren Mai( le long de l’axe vertical passant par le nombril).
Le Ren Mai et le Du Mai sont les deux méridiens-axes du corps et font partie des merveilleux vaisseaux qui sont au nombre de huit.
Le Moxa en cône :
Il se pratique de deux manières : Les moxas directs et les moxas indirects.
Les cônes de moxa se présentent sous forme de cône en trois tailles en poudre d’armoise condensée.
Ils s'utilisent comme des cônes d’encens.
Les deux premières tailles s'emploient en moxa direct sur la peau et la dernière, en moxa indirect.
En général, on utilise les moxas indirects qui consistent à intercaler entre le cône de moxa et la peau, un élément naturel, tel que le sel, le gingembre ou l'ail.
Le moxa direct :
Ces moxas directs sont efficaces mais présentent l'inconvénient de laisser des cicatrices de brûlure, surtout lorsqu'ils sont utilisés jusqu'à conbustion complète. On répète l'opération 5 à 7 fois.
En Occident, les praticiens en MTC évitent cette pratique qui ne rentre pas dans notre culture.
En Orient, l'équilibre ou la santé prime sur l'esthétisme ou l'apparence, qui prend par contre, une très grande place dans nos cultures occidentales.
Le moxa est recommandé pour l'asthme chronique.
Mais le moxa direct sans cicatrice peut lui être substituer et convient complètement pour traiter, par exemple des maladies chroniques de « Vide-Froid » comme asthme, diarrhées chroniques et indigestion. Et puis, on éviterait de laisser sur la peau des patients, des petits désagréments.
La technique est la même décrite précédemment ; mais cette fois-ci, on laisse brûler au deux tiers du cône, ce qui laisse apparaître une légère brûlure sans cicatrice.
Le moxa indirect :
Les moxas indirects sont les plus souvent utilisés.
Moxa sur gingembre : Cette technique consiste à intercaler une rondelle de gingembre de 3mm d’épaisseur percé de plusieurs petits trous entre le cône de moxa et la peau. On place le tout sur le point d’acupuncture ou la zone à traiter et on allume l’armoise jusqu’à obtention d’une sensation de brûlure. Dés que la sensation est perçu par le patient, on le remplace par un autre cône et on répète l’opération plusieurs fois. Les petits trous sur la tranche de gingembre permettent une meilleur diffusion de la chaleur. Ce protocole est recommandée pour le traitement des problèmes de vide de Yang, de diarrhées, de Vide (faiblesse du Chi) de la Rate/Estomac, des douleurs abdominales.
Moxa sur Ail : C’est la même technique mais cette fois-ci, sur une tranche d’ail.
Conseillé pour des morsures d’insectes venimeux, abcès.
Moxa sur SEL :
Le protocole consiste de poser sur l’ombilic, une compresse et d’y déposer du sel.
On pose un grand cône d’armoise sur ce sel et on l’allume jusqu’à conbustion complète ; et on répète l’opération plusieurs fois. Cette pratique arrête de manière radicale une bonne diarrhée.
De plus, ce procédé a pour avantage de sauver le Yang, de chasser le froid pervers au niveau du réchauffeur inférieur et moyen.
La puncture ou acupuncture consiste à introduire des aiguilles de différentes longueurs et grosseurs sur des points bien précis du corps humain. Ces points d’acupuncture se situent sur les trajets des méridiens principaux. Il existe un certain de nombre de points hors-méridien, qui, comme son nom l’indique, se situent en dehors des trajets énergétiques.
Cette technique thérapeutique a pour but selon l’objectif à atteindre, de tonifier un « Vide » ou de « Disperser » une plénitude ou une stase d’énergie, une stase de sang...
L’acupuncture est à la fois un outil thérapeutique à but préventif et/ou curative.
Elle est souvent utilisée en complémentarité avec la pharmacopée chinoise qui possède l’avantage de pouvoir restaurer « le Yin », de générer le Sang et les Liquides Organiques.
Toute « douleur » en M.T.C signifie en général, une stase ou une plénitude du « Qi » ou du Sang.
Un point « Ashi » désigne le point douloureux, le lieu de la stase d’énergie qui faudra disperser, et qui ne se trouvera pas forcément sur le trajet des différents méridiens principaux. Les praticiens utilisent dans ce cas, la méthode de dispersion en acupuncture afin de faciliter la bonne circulation du Qi. Parfois, l’acupuncteur utilise la « Saignée » lorsqu’il s’agit de stase de Sang d’où l’utilisation des aiguilles dermatologiques.
La moxibustion sur aiguille est très efficace pour tonifier un point en « Vide » de Qi.
Par exemple, une puncture sur le 36 E à 3cun de l’interligne Fémur/Tibia ou à un travers de doigt(médius) de la crête tibiale antérieure suivi d’un moxa relance le Qi de l’Estomac, renforce le Qi en général. E36 : ZUSANLI
On dit en médecine chinoise, c’est le « point qui guérit toutes les maladies », c’est le point « Mer de l’énergie », c’est le point régulateur et sédatif général.
Les stases de Froid/Humidité au niveau des méridiens ou des articulations (Rhumatismes), peuvent etre chassées par la méthode de calorification qui consiste à poser des moxas sur aiguilles.
Les huit méthodes thérapeutiques en Médecine Chinoise sont :
- La Tonification
- La Dispersion
- L’Harmonisation
- La Calorification
- La Sudorification
- La Vomification
- La Purgation
- La Réfrigération
L’acupuncture peut répondre à toutes ces méthodes thérapeutiques, mais est habituellement utilisée dans la méthode de Tonification-Dispersion.
La calorification peut se pratiquer à l’aide de l’association Moxa-Aiguille mais également, avec l’utilisation de l’armoise seule, en cône ou en bâtonnet.
La vomification , purgation et réfrigération résultent souvent de l’utilisation de la pharmacopée avec l’acupuncture qui vient renforcer l’acte thérapeutique.
Tout ce qui est génération ou production du Sang et des liquides organiques, l’acupuncture ne possède pas la même efficacité que celle apportée par la pharmacopée.
A) Les Aiguilles
Les aiguilles fines et de longueur moyenne sont les plus souvent utilisées.
Elles peuvent être en Argent , en Or, en Cuivre, en Zinc.
En général, les praticiens utilisent les aiguilles en Cuivre ou en Nickel et stérilisées à l’oxyde d’éthylène (norme européenne) et jetables; ce qui évite tout risque de contamination .
L’aiguille se compose en gros de trois parties :
La Pointe : La partie la plus pointue de l’aiguille
Le Corps : La partie entre la pointe et le manche
La Racine : La partie manchon sur laquelle on manipule
Selon la localisation de la puncture, selon les différentes zones du corps, la constitution du patient, il convient d’avoir une palette de norme de longueur et de grosseur d’aiguille.
Exemple : La puncture du 30VB , se situant dans les proportions 1/ 3-2/ 3 entre le sommet du grand trochanter et l’hiatus du canal sacré, au niveau de l’insertion du muscle pyramidal (Région de la fesse), nécessite une longueur d’aiguille de 7,5 cm voir 10cm.
Par contre, au niveau des extrémités des phalanges, ou sur des zones très peu charnues, on peut utiliser des aiguilles courtes de 1,5cm.
Les aiguilles pour le « Lifting » sont de l’ordre de 0,9 cm.
Les aiguilles les plus utilisées sont de longueur de 1,5 cun avec des diamètres ( 0,28 – 0,30 mm ). Celles de longueur de 3 cun sont souvent employées pour les parties très charnues ou les lipolyses.
B) Stérilisation
1- Stérilisation d’aiguilles
Les aiguilles sont stérilisés à de très fortes pressions et de températures à l’oxyde d’éthylène.
Les plus utilisées sont jetables.
2-Stérilisation de la peau
Avant toute puncture, la peau est stérilisée sur le point à piquer avec un coton imbibé d’alcool à 75°
Le thérapeute prend le soin de bien de laver et se désinfecter ses mains.
C) Angle et Profondeur
L’angle et la profondeur de la puncture varient selon la sensation du Qi à atteindre, la localisation des points, la constitution et l’âge du patient.
Si pour un même point puncturé, l’angle et la profondeur varient, le traitement et les effets thérapeutiques vont eux aussi, sensiblement être modifiés.
1-Angle :
IL existe trois angles de puncture classés :
-Vertical
-Oblique
-Horizontal
La puncture sera verticale, pour les points où la zone sera charnue, ou encore, lorsque le point est en profondeur. La plupart des points seront piqués à 90°.
Exemple : 12RM (Région de l’estomac), 11 GI, 36E .
Oblique, lorsque le lieu est proche des viscères importants ou sur des zones moins musclés, proche des os. L’angle ainsi formé par rapport à la peau est d’environ de 45°.
Exemple : 7P (situé sur le poignet ) ou le 14F (près du Foie) 4 DM ( sous l’épineuse de la deuxième lombaire L2 )
Horizontale, lorsque la peau est très fine ou quand on est sur la région du thorax sur la ligne médiane. L’angle est environ de 15 à 20°.
Exemple : 17 RM ( Point situé entre la hauteur des deux mamelons, sur la ligne médiane du méridien du Ren Mai ) ou sur la région du cuir chevelu 20 Du Mai ( Baihui ).
2-Profondeur :
La profondeur de puncture va dépendre de la zone à traiter, de la constitution et de l’âge du patient.
Pour le personnes âgés qui présentent souvent un vide de Qi et une constitution fragile, il est préférable de puncturer peu profond. Par contre sur les sujets jeunes ou d’âge moyenne avec une constitution forte, on peut piquer plus loin.
En généra, la profondeur de puncture dépendra du point d’acupuncture et surtout de l’obtention du De Qi.
D) Obtention du QI ( DE Qi )
L’obtention du « De Qi » est très importante en acupuncture.
Lors d’une séance d ‘acupuncture, si on pique un point avec précision sans obtenir l’effet désiré, c’est comme si on n’aboutissait à rien. Il n’y a aucun traitement thérapeutique sans la sensation du « Qi » qui est la base de la médecine chinoise.
Dans un ouvrage médical intitulé « Jin Zhen Fu », il est dit « L’arrivée rapide du Qi annonce l’effet thérapeutique immédiat, tandis que De Qi retardé signifie que le signe de l’effet est retardé.
Donc, la sensation du Qi est capital en acupuncture, notion difficile à comprendre pour les médecins en médecine général qui ont suivi seulement un stage de quinze jours en acupuncture.
On ne peut apprendre à puncturer en une semaine ou deux. Il faut plusieurs années d’expérience et d’apprentissage pour prétendre « Savoir bien piquer ».
La sensation de De Qi est obtenue quand le patient éprouve une sensation d’endolorissement, de gonflement, de louleur ou fourmillement autour du point ou le long du méridien concerné.
N’oublions pas également qu’en médecine chinoise, on cherche à soigner la cause de la maladie et non le symptôme. On considère comme en ostéopathie ou en homéopathie, l’être dans sa globalité.
E) Repérage de quelques points
Avant de piquer, il est nécéssaire d'effectuer des repérages anatomiques des points qui peuvent être mobiles ou fixes.
En général, l'acupuncteur utilise ses doigts pour non seulement mesurer les distances en Cun et aussi, effectuer une pression digitale afin d'être le plus prés possible sur le point.
N'oublions pas que des points douloureux signent la stase de Qi et souvent le praticien se réfère à la réaction du patient par rapport à sa pression digitale.
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